« Tout le monde peut être photographe »

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Une belle montre au poignet, une coiffure impeccable. Comme ça, au premier regard, il a plus l’allure d’un jeune premier que d’un artiste.

Une rencontre qui vérifie l’adage qui dit que l’habit ne fait pas le moine. Quoi qu’au fond, Alexis Girardin n’est pas extraverti. Mais plutôt calme, posé et rationnel. S’il était ambassadeur, il véhiculerait bien son image d’universitaire, terminant son master en géographie urbaine. Certainement plus que celle d’un photographe créatif. C’est pourtant ainsi qu’il se définit dans sa passion.

Son inspiration, il la tire d’abord des éléments qui l’entourent : architecture, lignes, perspectives et angles de vue d’un élément urbain. Ensuite il écoute ses impulsions. Dans sa collection Identity par exemple : il recrée un univers, par mise en scène. « Cela prend du temps car il y a beaucoup de contraintes : le temps, le lieu et le modèle », explique Alexis. L’objectif ? Créer un univers et susciter une émotion. Pas étonnant de l’entendre parler avec admiration du travail de David Lachapelle.

A priori cela plaît. Le dernier concours qu’il a gagné remonte à septembre 2010 : premier prix des Journées photographiques de Bienne. L’été passé, il a été médiatisé (Sonntags Blick et L’illustré, entre autres) lors d’un concours, qui lui a permis de voyager jusqu’à Milan en tant que photographe de mode.

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Depuis qu’il s’assume en tant que photographe créatif et qu’il a ouvert son site internet, en 2008, il parvient même à transformer sa passion en activité lucrative, le temps d’un mandat. « Je dépense plus pour le tirage et le matériel que ce que je gagne», nuance-t-il.

A l’origine de son talent, il y a tout de même une graine. Elle répond au nom d’« Activités Complémentaires à Options » (ACO), plantée par les écoles secondaire du Réseau Pédagogique Neuchâtelois. Plus précisément, il y a un professeur. Celui-ci s’est presque transformé en légende urbaine : Alexis ne se souvient ni de son nom ni de son prénom. Mais il sait que cet homme lui a ouvert les portes de sa passion, qu’il pratique aujourd’hui plus que jamais avec « émotion et instinct ».

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Le gentleman de 24 ans s’assume en tant que photographe. « A un moment donné, il faut avoir confiance en soi pour aller plus loin, précise Alexis. En continuant : cela ne signifie pas pour autant être fermé à la critique ».

«Tout le monde peut être photographe», conclut Alexis. En tout cas, la simplicité d’acheter des appareils professionnel participe activement à la démocratisation de cette pratique. «Après, est-ce qu’on arrive à développer quelque chose de créatif, qui interpelle?». Ce qui est certain, c’est que la photo c’est son moyen d’expression privilégié. Et finalement : « Pour exercer une activité artistique, le passage par une école n’est pas primordial. Il suffit d’avoir quelque chose à exprimer et surtout de réussir à la transmettre».

Loïs Siggen Lopez

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